Il y a quelques semaines, je me tenais au pied de la Montagne Sainte-Victoire, où je me délectais des bons petits plats de Philippe Da Silva tout en sirotant du rosé. La Provence est une destination de rêve pour tous les amateurs de vin, mais j’ai rapidement découvert qu’elle est bien plus que ça. Aujourd’hui, je vous présente quelques bonnes raisons de mettre le cap vers la Provence lors de vos prochaines vacances.

 

Le vin

Impossible de faire autrement, il fallait bien commencer par là. Car qui dit Provence, dit rosé… et à juste titre ! Dans cette région où la vigne est cultivée depuis 2 600 ans, le rosé représente 88 % de la production viticole. Des journées ensoleillées et chaudes, la fraîcheur apportée par le Mistral et l’altitude de certaines parcelles favorisent entre autres l’épanouissement des vignes et la pratique de la viticulture. La région se distingue aussi pour ses nombreuses caractéristiques, ses reliefs vallonnés et la diversité de ses terroirs, qui donnent naissance à une large gamme de vins différents. Située aux Arcs sur Argens, en Dracénie Provence Verdon, la Maison des Vins est un centre culturel consacré à la vigne qui offre une excellente initiation aux vins de Provence. Plus de 800 références peuvent être achetées sur place à prix producteur, et une sélection de 16 vins est proposée chaque semaine à la dégustation. Lors de ma visite, j’ai non seulement pu découvrir la diversité des vins locaux, mais aussi la variété qui existe au sein même des rosés.

 

Vous aimez les vins issus de terroirs volcaniques ? Situé à l'extrémité est de l'appellation Côtes de Provence, le secteur de Fréjus produit des rosés qui se distinguent par leur minéralité et une structure acide équilibrée. Vous cherchez des rosés plus denses et complexes ? Allez donc faire un tour du côté de Sainte-Victoire. Là, les sols calcaires et les écarts de températures en journée donnent naissance à des vins rouges et rosés qui se bonifient avec le temps.

 

En parlant de vin rouge, la chaleur du sud de la France apporte littéralement de l’ardeur aux assemblages des cuvées. J’ai particulièrement aimé les moments où j’ai pu savourer l’équilibre parfait entre syrah et cabernet sauvignon, bien que grenache, mourvèdre, carignan, cinsault, counoise et tannat entrent également dans la composition des assemblages. Si certains de ces vins se caractérisent par leur fraîcheur, leur côté fruité et agréable en bouche, d’autres, davantage boisés et complexes méritent de vieillir un peu avant d’être consommés. À l’exception du Bandol, il est difficile de se procurer ces vins aux États-Unis, alors je conseille à mes compatriotes de ne pas hésiter pas à en ramener !

 

Les assemblages de blancs sont tout aussi impressionnants. L’association du rolle (vermentino), de l’ugni blanc (trebbiano), de la clairette, du bourboulenc, du marsanne, de la roussanne et du grenache blanc laissent place à des vins aux notes de rose, de zeste de citron, de raisin, de pêche blanche, de fenouil et de miel. Certains vignerons choisissent d’élever leurs vins sur lie pendant cinq ou six mois, ce qui confère une sensation d’onctuosité et d’intensité en bouche, et permet un compromis parfait entre notes de fruits frais, de fleurs, d’aromates et de levures.

 

Le rosé a fait la renommée de la Provence, mais il existe un vin pour chaque palais. Pour autant, tout n’est pas question d’arômes et de saveurs. En 2016, la Provence a vu 7 200 hectares de vignes obtenir une certification biologique. Cela représente une hausse spectaculaire de 65 % en six ans ! La Provence est une région qui s’engage dans le développement de pratiques durables et respectueuses de l’environnement… Voilà un argument supplémentaire à l’heure de déterminer la destination de sa prochaine escapade viticole !

 

La gastronomie

Affirmer que j’ai passé six jours d’affilée dans un paradis culinaire serait bien en dessous de la réalité. La Provence regorge de tables étoilées au Michelin. Le soir de mon arrivée, j’ai eu le plaisir de savourer les chefs-d’œuvre gastronomiques du chef Philippe Da Silva au restaurant Les Gorges de Pennafort. Mes papilles garderont un souvenir ému du carpaccio de bœuf à la truffe blanche et aux champignons, du Saint-Pierre à la sauce barigoule et des raviolis de foie gras au parmesan… certainement pour le restant de mes jours !

 

La maison propose également de prendre ses quartiers et de s’installer confortablement à l’Hostellerie de Pennafort qui compte 13 chambres et suites.

 

À trois kilomètres du village médiéval de Brignoles, le chef de renommée internationale Alain Ducasse a également choisi la Provence pour établir son hôtel et restaurant, l’Hostellerie de l’Abbaye de La Celle. Quant à Nicolas Pierantoni, aux commandes des cuisines depuis 2016, il a adopté comme devise : “le produit brut”. En parcourant les potagers de sa propriété, cela résonne comme une évidence. Les parcelles de légumes et d’aromates du jardin sont désherbées à la main et arrosées avec de l’eau de source. Les plantations changent au rythme des saisons, et cela se ressent sur les propositions du menu qui est régulièrement mis à jour. Derrière la haie de cyprès de l’établissement, un conservatoire à ciel ouvert réunit 88 cépages… le paradis de tout œnophile ! Surtout goûtez à la porchetta de lapin accompagnée de légumes de saison ou au jarret de veau rôti à la sauge accompagné de pommes de terre boulangères de carottes fanes. À l’heure du dessert, ne vous privez pas du sorbet de fromage blanc aux figues rôties ni de la tarte aux prunes de Brignoles. Pas étonnant que le restaurant ait été récompensé par une étoile au Michelin en 2006 !

 

L’avantage, en Provence, c’est qu’il n’est pas nécessaire de dîner à une table étoilée pour profiter d’une expérience culinaire incroyable. L’un des repas que j’ai préférés m’a été servi au restaurant Le Chapitre, à l’hôtel Le Couvent Royal. Le service se déroule dans l’ancienne salle capitulaire reliée à la basilique de Saint-Maximin, et il est même possible de déambuler dans le cloître et le jardin avant de se laisser transporter par le menu du chef Romaric Olivot. Le magret de canard et son crumble de pain d’épice, sa pastilla de figues, sa réduction au porto et sa purée de patate douce m’ont laissée sur un nuage pour toute la soirée. Le dîner s’est achevé par un dessert de saison à base de figues rôties qui semble être incontournable en Provence à cette période de l’année.

 

Retrouvez les aventures viticoles de Nicole en Provence sur son blog :  www.grapechic.com 

 

Geolocation: 
Nicole Dalton
Nicole est le visage qui se cache derrière le compte Instagram @GrapeChic et la fondatrice...

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